Frequently Asked Question
3 / Colorimétrie des photos de Philippe Bourseiller ?

Une question qui m’est souvent posée : « Vous êtes considéré comme un coloriste mais quelle est la part de vérité dans les couleurs de vos photographies ? ». Une très grande partie de mon travail dans mes prises de vues consiste à rechercher la lumière la plus belle et la plus harmonieuse par apport au type de sujet photographié. A chaque matière que ce soit de la roche, de l’eau, de la peau … il y a une lumière très précise qui va durant un très bref instant, faire chanter les couleurs du sujet, les pousser à leur paroxysme et ainsi optimiser le rendu de la matière du sujet. Mon but premier est de capter ce moment et de l’interpréter.

Pendant la prise de vue, le choix de l’objectif, du type de film, de l’utilisation ou nom d’un filtre polarisant, vont influer sur la colorimétrie du sujet. Je vais aussi souvent sous exposer d’un demi-diaphragme ou plus, la photographie pour en extraire la couleur que je veux voir dominer en lui donnant plus de saturation.

Au développement, avec un bain neuf, les couleurs seront plus éclatantes. Une fois la diapositive sur la table lumineuse j’ai sous les yeux le résultat de ma photo et il y a souvent un décalage de l’ordre 4 à 8% en terme de saturation de la couleur par apport au sujet photographié. Mais c’est un choix volontaire de ma part qui correspond à l’interprétation que je fais de l’image.

Ensuite, la diapositive est scannée pour un tirage ou bien une impression par exemple. Là aussi en fonction de la destination de l’image, de son type de support, le numérique offre aujourd’hui des outils qui permettent d’optimiser le choix de l’artiste. On se rapproche du principe de tirage d’un négatif Noir et Blanc avec des choix de rendu, contraste, saturation…qui varient selon l’auteur. Pour ma part, je ne modifie jamais le contenu de l’image en déplaçant par exemple un personnage ou en supprimant un élément mais il peut arriver que je redonne un peu de lumière à l’image ou bien un peu plus de contraste.

Chaque photographe a sa propre démarche artistique, son interprétation du sujet, sa manière de l’aborder et de la transmettre vers le public. Le photographe doit être l’unique maître d’œuvre tout au long de la chaîne de réalisation de son tirage par exemple, afin de transmettre sa propre vision artistique de l’image.