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CAHIER PRATIQUE

Avant de réaliser un reportage, j'effectue une préparation minutieuse en deux temps :


1) LE SUJET

Il faut collecter un maximum d'informations (contacts avec des spécialistes, recherche de documentation existante, sur Internet notamment) afin de bien cerner son reportage et organiser, avant le départ, un plan de travail général qui sera affiné une fois sur le terrain. Généralement, la plupart des photos importantes sont visualisées lors de cette préparation. Il ne faut pas oublier de tenir compte de la météo et choisir la période en fonction du travail à réaliser. Effectuer la cartographie et établir en avance tous les contacts nécessaires pour la réalisation du sujet sur place..

2) L'ORGANISATION

Le budget : Tous les postes doivent être calculés au plus précis. Il faut tenir compte de la préparation avant le départ, les achats éventuels d'équipement, les films, le développement, le coût des scans, pour le numérique le travail de post production... Le transport : aérien et local ; l'hébergement et les repas, location de voiture ; les frais divers, comme par exemple des porteurs, un interprète, etc. Un dépassement forfaitaire de 15% du budget global doit être prévu pour les " surprises "…


L'équipement : Quel que soit le terrain où j'évolue (un désert ou un volcan, en Afrique ou en Arctique), le choix de l'équipement est bien entendu primordial. Il existe aujourd'hui des vêtements pour la chaleur ou le froid très performants, et il ne faut pas hésiter à investir dans du matériel d'excellente qualité, que ce soit la tente, les sacs de couchage ou les habits. Par exemple pour ma part j’utilise depuis de très nombreuses années la marque North Face, Canada Goose, Baffin…

Il est toujours prudent de s'équiper en fonction d'une situation climatique très difficile, même si, à priori, les possibilités qu'elle advienne soient réduites. Chaque détail doit être pensé, analysé, et il ne faut pas hésiter à prendre contact avec des spécialistes pour des compléments d'information.

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Une trousse de sécurité comportant GPS, boussole, altimètre, cartes, fusée, miroir, sifflet, couverture de survie, lampe, piles, bougies, briquet, ainsi qu'une bonne pharmacie doivent faire partie du paquetage. Lorsque le lieu de travail est très isolé, un téléphone satellite complète bien utilement l'équipement.

Matériel photographique : Je le choisis en fonction des sujets, certains exigeant parfois un équipement spécifique.

Pour le transport j'utilise un sac à dos Lowepro dont les système de portage, de protection sont parmi les meilleurs au monde. Pour les déplacements rapides je me sert aussi d’une banane Tamrac.

Depuis de très nombreuses années je travaille en partenariat avec la marque allemande Leica dont la solidité et la qualité du matériel photographique n'est plus à prouver. J'utilise régulièrement :

  • un M6 et un M7 avec trois objectifs :
  • Objectif Summilux-M 1 :1.4/35
  • Objectif Noctilux-M 1 :1/50
  • Objectif Apo-Summicron-M 1 :2/75 ASPH

Pour les Reflex j’ai un partenariat avec la marque Canon qui me suit fidèlement depuis plusieurs années. J’ai toujours dans mon sac au moins deux boîtiers Eos 1-V avec leur booster PB-E2 et un Boîtier Mark II 5D en complément mais je reste pour l’instant très attaché à l’argentique. Comme objectif j’utilise particulièrement :

  • Un zoom EF 16-35/2.8L II USM
  • Un zoom EF 24-70/2.8L USM
  • Un Zoom EF 70-200/2.8L II USM
  • Un objectif EF 85/1.2L II USM
  • Un objectif EF 100/2.8 Macro L USM
  • Un objectif EF 300/4L IS USM
  • Un objectif EF500/4 IS II USM
  • Un extender EF 1,4X II

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Pour les prises de vues panoramiques j'utilise l'ensemble panoramique GX 617 pro de chez Fuji et ses quatre objectifs : 90 mm, 105 mm, 180 mm, 300 mm. Sa qualité et sa solidité en font un outil indispensable pour la photographie de nature. L' ensemble est protégé par une valise étanche Pélican.

Pour les prises de vues sous-marines, le système RS de chez Nikon couplé à des flashs Ikélite dont le rendu et le modelé de la lumière sont formidables.

Monopode et trépied en carbone de chez Gitzo, flash de chez Metz, réflecteur, déclencheur souple, maglight, …. font partie des accessoires indispensables.

En ce qui concerne les films je travaille principalement avec le film fujichrome Velvia 50 Asa qui offre une magnifique saturation des couleurs alliée à une résolution et une brillance remarquables. Je l'utilise aussi bien pour les prises de vues sur les volcans ou dans les glaciers que les photos aériennes et sous-marines. Je le sous expose au moins d'un demi diaphragme, parfois plus.

 

Et bien sûr des filtres polarisants BW, neutral Singh Ray…

 

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Quelques conseils pour photographier les volcans :

L'univers des volcans offre une grande diversité d'images. Qu'ils soient éteints ou en activité, chacun a son propre environnement et pourra offrir au photographe amoureux des grandes natures des émotions très riches.

Les volcans sont des milieux à risque, principalement lors de leur phase active, et je recommande de ne pas s'y aventurer sans la présence d'un spécialiste : une multitude de dangers guettent le néophyte : gaz, explosions, effondrements, bombes, coulées diverses, tunnels sous-laviques…

Leur environnement peut être extrêmement nocif pour le matériel. Les gaz sont très corrosifs pour les circuits électroniques des boîtiers et les lentilles des objectifs. La cendre, chargée en silice (verre) s'introduit partout et raye lentilles, films, etc... Peu de solutions pratiques si ce n'est le sac étanche, les peaux de chamois et un bon pinceau pour limiter la casse. Et au retour, ne pas hésiter à envoyer l'ensemble de son matériel au S.A.V. pour un nettoyage et une révision complète.

Une journée sur un volcan se déroule ainsi: les prises de vues se font uniquement pendant une heure après le lever de soleil et deux heures avant son coucher (en moyenne). Les aurores et les crépuscules sont idéals pour photographier les explosions et les coulées de lave. La journée sera mise à profit pour faire du repérage sur l'édifice volcanique. La nuit pour effectuer des photos des gerbes de lave en pose B.

Travailler avec des lumières rasantes permet de donner du relief au paysage en jouant avec les ombres. La lumière est aussi plus douce et plus chaude et chaque paysage donne ainsi son maximum au niveau des couleurs.

Deux types de volcans actifs : les volcans " rouges " et les volcans " gris ".


 



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Pour les volcans rouges, la magie fascinante de la lave est une source inépuisable d'images. L'aurore et le crépuscule sont les périodes idéales de prises de vues : trépieds, vitesse lente : du 1/8° de seconde à la pose B avec une Velvia 50. Attention aux brumes de chaleur, si possible se placer avec le vent dans le dos, confort de travail face à la chaleur et meilleure netteté des éléments. Faire une mesure spot sur la lave et équilibrer avec le ciel. Durant la nuit, prendre sa mesure sur la lave et se mettre en vitesse lente ou en pose B pour enregistrer les gerbes de lave. Faire plusieurs poses à des temps différents pour obtenir le meilleur résultat. Lorsque la lave en fusion émet un rayonnement très fort, le port du scaphandre se révèle indispensable. Un point élevé permet aussi de souligner la géométrie des torrents de lave…

Les volcans " gris " sont extrêmement dangereux car il est impossible de prévoir le départ d'une explosion. Et chacune d'entres elles projettent dans le ciel des tonnes de roches dont certaines font la taille d'une maison. Sans oublier les coulées pyroclastiques devant lesquelles il n'y a plus rien à faire. Sauf quelques rares exceptions, je travaille essentiellement avec des téléobjectifs. Riches en gaz, les panaches de cendre offrent des couleurs étonnantes au coucher de soleil. L'environnement du volcan : pluie de cendres, forêts balayées par le souffle de l'explosion, nouveaux paysages… sont également à intégrer dans le reportage. Attention aux pluies qui provoquent des coulées de boues d'une rare violence. Pas de conseil particulier pour ce type de prises de vues.

Les volcans éteints sont souvent situés dans un décor fantastique. Ici, la photo s'apparente à celle de paysage classique. Mais si vous avez la possibilité de faire un survol aérien d'un volcan vous découvrirez une multitude de détails invisibles au sol et très graphiques vus du ciel. Ne négligez pas non plus dans les trois cas la reconquête du paysage par la nature.

Assister à la naissance de la Terre est un spectacle fascinant et, comme disait le volcanologue Jacques Durieux, " c'est aussi une des rares occasions de marcher sur des roches plus jeunes que vous ".